Dole : des actions contre le prix des carburants envisagées début novembre

Des membres du groupe “De l’essence de la contestation” mis en place mardi 16 octobre 2018 par un Dolois ont organisé leur première réunion en plein air jeudi 25 octobre 2018

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées pour joindre leurs idées (il est arrivé d’autres personnes après cette photo prise à 18 h 14)

Une proposition de réunion en plein air, émanant du créateur du groupe Facebook “De l’essence de la contestation” en est à l’origine. Le sujet rassembleur est la préoccupation face à la hausse du prix des carburants. Plus généralement, la baisse du pouvoir d’achat, toujours plus importante selon les intervenants.

Fabrice Schlegel, créateur du groupe mardi 16 octobre 2018 et ses membres administrateurs, Séverine Chaudot et Christopher Paques, ont été entendus par une cinquantaine de personnes rassemblées dès 18 h 00, jeudi 25 octobre 2018 aux Arquebusiers à Dole.

  • Fabrice Schlegel est chef d’entreprise, père de famille. Ce n’est pas le plus à plaindre selon lui. Précisant, “où je souffre, c’est de voir comment on nous prend pour des cons”. “Ce mouvement doit marquer les esprits. Pas de bla bla, mais de l’action”.
  • Séverine Chaudot est coiffeuse à domicile. Professionnelle indépendante. Elle travaille douze heures par jour, six jours sur sept, avec passion et rigueur, pour toucher 1250 euros net de salaire par mois, “sans déduire les frais de gazole”. “On a supprimé le RSI pour nous remettre à l’URSSAF où on était déjà avant. Résultat, ils m’ont supprimé deux semaines de vacances. Avec la hausse du prix du carburant, je vais devoir augmenter mes tarifs, ce sont mes clients qui vont encore être impactés”.
  • Christopher est un ancien militaire reconverti dans le juridique. Il est la source d’informations techniques. Il explique dans les moindres détails le fonctionnement de diverses taxes comme la TVA ou encore la TIPCE. “On n’est pas des moutons, je ne suis pas content de faire ça, ils veulent s’en mettre plein les fouilles. On est dans un moment critique avec la fiscalité indirecte. Il faut agir”.

Selon lui :

Pourquoi les carburants sont-ils si chers ?

->Prix du brut ? Non, actuellement 0,366€ le litre hier 0,372€ ce jour.
->Marge des stations ? Non, actuellement 0,01 à 0,04€/litre
->Les taxes ? Oui et non
o TVA : 20%, une fois les coûts de transport, raffinage et distribution ajoutés au prix du brut, les prix TTC avec uniquement la TVA seraient les suivants :
->Diesel : 0,623€ TTC
->Essence : 0,693€ TTC

o La TICPE (Taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques) ;
->Elle est définie chaque année dans la loi de finances
• 0,6869 €/l pour le SP95
• 0,6669 €/l pour le SP95-E10
• 0,594 €/l pour le gazole

o Elle est profondément injuste,
->Elle touche tous les citoyens, peu importe leurs revenus
->Elle est elle-même frappée de la TVA
• Cela veut dire qu’une fois le prix au litre avec la TICPE obtenue, l’État applique la TVA, c’est un impôt sur un impôt comme la CSG non déductible.

->Sans cette taxe, les prix du carburant TTC seraient les suivants :
• Essence SP95 :
o 1.563-20% =1.250 hors TVA
o 1.250-0.6869=0.563 on retire la TICPE
o 0.563+20%=0.675€/litre TTC Ajout de TVA
• Diesel :
o 1.528-20% = 1,222 hors TVA
o 1,222 – 0,594 = 0,628 on retire la TICPE
o 0,628 + 20% = 0,7536€/litre TTC Ajout de TVA

Si le Gouvernement se contentait d’appliquer uniquement la TVA, vous payeriez votre essence en moyenne 0,675€ TTC et votre diesel 0,753€ TTC. Elle représente 35 milliards d’euros de recette annuelle pour l’État, c’est autant que l’impôt sur les sociétés.

En deux ans, la TICPE aura augmenté de 63%.  Selon l’INSEE, entre 2018 et 2022, le budget carburant annuel moyen des Français va bondir de 300€/ véhicule.

Excuse écologique ? Sur les plus de 35 milliards de recette avec la TICPE, SEULEMENT 3,8 milliards sont réinvestis.

La prime à la conversion passe de 10.000 à 6.000€. Lorsque l’on veut inciter les citoyens à modifier leurs habitudes de déplacements, on s’en donne les moyens et on en donne les moyens aux citoyens. Utiliser l’excuse écologique pour augmenter les taxes alors que dans le même toutes les aides à l’achat sont diminuées voir supprimées, ce n’est pas faire preuve de bon sens.

La volonté du Gouvernement n’est pas ÉCOLOGIQUE, elle est ÉCONOMIQUE.

Une voiture électrique, c’est 48.000€ pour une golf électrique, (j’ai encore la facture), soit plus de 550€ mensuel.
Une Zoé ? 25.000€ + 98€mensuel de location de batterie.
Tesla, Audi, je n’en parle même pas.

Partir en vacance un véhicule électrique ?
Impossible, j’en ai fait les frais, 7h pour faire Dole-Bordeaux en diesel, 14h30 en électrique. Une seule borne de recharge par aire d’autoroute chaque 80km, parfois inopérante, parfois déjà occupée pour plusieurs heures le temps de recharger. Les infrastructures françaises ne sont pas adaptées, plutôt que de ne taxer encore et encore, le Gouvernement devrait commencer par doter la France des infrastructures nécessaires et ENSUITE, mettre en place des moyens pour inciter les Français à changer leurs habitudes.

Fabrice Schlegel à droite est en colère
Christopher Paques détaille les taxes avec précision, Fabrice est dépité

Face à eux, devant le pavillon des Arquebusiers, une cinquantaine de personnes mécontentes de la hausse jugée abusive du prix des carburants. Toutes issues du groupe Facebook aux 44 470 membres environ, puisque le rendez-vous a été donné en toute confidentialité par messages privés. Selon Fabrice Schlegel, “nous aurions pu être 200 ce soir, mais je préférais être en groupe restreint pour que tout le monde puisse donner ses idées”.

Plusieurs personnes sont intervenues. Elles ont donné des exemples de leurs conditions de vie de retraité, de travailleur indépendant, de policier municipal, de dentiste :

  • Doutes sur la véritable démarche écologique du gouvernement avec la volonté de” justifier l’injustifiable”
  • Prix exorbitant des véhicules électriques (40 000 euros une voiture familiale)
  • Fragilité des conditions de vie en travaillant beaucoup
  • 1000 euros de retraite après avoir cotisé depuis l’âge de 14 ans.
  • La “paupérisation des français voulu par le gouvernement”

“Ce qui nous intéresse, c’est de vivre”. “Puisque le citoyen est pénalisé, il faut pénaliser au maximum l’état en faisant rentrer le moins d’argent  possible dans ses caisses”. “Il faut bloquer les péages pour que les conducteurs passent gratuitement”. “Il ne faut plus prendre d’essence pendant une semaine”. “Toucher les automobilistes, c’est toucher les plus faibles”. “Il faut être plus malin qu’eux”.

Les interventions ont été transmises en direct sur des murs Facebook

La grogne concerne de nombreux domaines de la vie, la hausse importante du prix des carburants est “la goutte d’eau qui fait déborder le vase”.  “Puisqu’elle touche quotidiennement les français”. “Ajouter 400 euros de frais de carburants pas mois pour aller travailler, ce n’est pas pensable”. Selon Fabrice Schlegel, “cette fiscalité indirecte touche le français moyen. On paye de plus en plus pour plein de choses et on a de moins en moins de service”.

Face à cela, “il faut s’organiser, se coordonner et mettre en place un mode d’actions de grande ampleur à Dole prochainement”. Le “coup de la panne” est une des idées principales évoquées, “vu qu’on nous a fait le coup de la pompe, on va tous tomber en panne le même jour, à la même heure”, précise Fabrice Schlegel. Entre le 06 et le 09 novembre 2018, des voitures pourraient soudainement toutes tomber en panne à des endroits stratégiques de la ville de Dole. “Tout en laissant l’accès libre aux secours”.

Mais la prudence est de rigueur. Fabrice Schlegel a maintes fois fait référence aux renseignements généraux “RG”, en précisant les termes à utiliser et actions à mener. “Il faut éviter d’utiliser le mot blocage”. Dans les diverses interventions, la crainte des autorités et la méfiance envers les journalistes ont été bien présentes, “ils disent ce qu’on leur dit de dire” selon Christopher Paques. La crainte de la suppression “d’un clic” de la page Facebook a été évoquée. Pour contrer cette éventualité, les participants désirant prendre part aux actions sur le terrain ont été appelés à fournir leurs coordonnées sur des feuilles  papier. “Pour être sûr de garder le contact, envoyer des idées pour identifier le mouvement et entreprendre des actions coordonnées par la suite ” selon Fabrice Schlegel.

De nombreuses personnes ont rempli le listing de contact
Le mouvement va les contacter pour recevoir leurs idées et mettre en place les actions sur le terrain

Une participation du mouvement à la mobilisation nationale prévue samedi 17 novembre 2018 est fort probable. Une multitude d’initiatives fleurissent chaque jour sur les réseaux sociaux. Les vidéos de plusieurs personnes “appelant à la mobilisation” sont partagées en masse par messagerie, tels des virus. Localement, des appels concernent pour le moment plusieurs villes du Jura en faisant référence à Lons-le-Saunier et Champagnole. “À Lons-le-Saunier, parking du Casino, mettez votre gilet jaune sur le tableau de bord de votre voiture en signe de “ok” pour la manifestation du 17 novembre”. Vendredi 26 octobre 2018 à 05 h 50, 93 personnes ont prévu de participer au mouvement, 262 sont intéressées.

Avant cette journée, une action sur le terrain à Dole pourrait avoir lieu jeudi 08 novembre 2018 . À confirmer prochainement.

1 Rétrolien / Ping

  1. Dole : “le coup de la panne” est prévu pour vendredi 02 novembre 2018 – ECHOS DU JURA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*