Un projet de loi pour soutenir l’agriculture française

Selon Danielle BRULEBOIS, Députée du Jura, vice-présidente de l’Assemblée Nationale, le Président de la République, Emmanuel MACRON s’est exprimé hier à Rungis, sur sa vision en faveur de l’agriculture française: « une agriculture qui permet aux producteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes, une agriculture dynamique qui se projette dans l’avenir, une agriculture qui prend en compte tous les enjeux auxquels elle doit faire face, notamment les enjeux sanitaires et environnementaux qui exigent des évolutions de pratiques ».

Deux conditions de transformation du secteur sont selon-lui indispensables.

La première est la sécurisation économique des agriculteurs, pour laquelle il a validé les principales propositions des ateliers des états généraux de l’alimentation :

  • Renversement de la contractualisation pour qu’elle s’opère à l’initiative du producteur en prenant en compte ses coûts de revient ;
  • Regroupement des producteurs en organisations professionnelles pour peser davantage dans les négociations ;
  • Établissement d’indicateurs de marché et de coûts de production par filière par les interprofessions ;
  • Renforcement de la médiation et des contrôles, encadrement des promotions et relèvement du seuil de revente à perte.

La seconde est que chaque filière élabore, d’ici à la fin 2017 :

  • Un projet de filière permettant à tous les professionnels concernés de se fixer des objectifs chiffrés de montée en gamme (pourcentage de bio et de signes de qualité);
  • Des objectifs sociétaux (réduction de l’usage des pesticides, information du consommateur);
  • Des priorités de recherche et d’innovation;
  • Des objectifs de restructuration et d’investissements.

Selon la Députée, « l’ensemble de ces dispositions issues des États Généraux de l’Alimentation va faire l’objet d’une loi, qui va être déposée et votée au premier semestre 2018« . Le recours à une ordonnance ne sera pas exclu.

Emmanuel MACRON a tweeté mercredi 11 octobre 2017 : « Repenser une nouvelle France agricole », parce que « le modèle dans lequel nous nous sommes enferrés n’est pas soutenable ».

Un sondage a été mené du 3 au 4 octobre 2017 sur un échantillon de 1002 personnes, représentatif de la population française par par l’Ifop pour le WWF France. « Les français, la consommation «écoresponsable et la transition écologique »

Une évolution vers des habitudes de consommation plus responsables :

  • 70% des Français ont changé d’habitudes de consommation vers des produits plus responsables, ou envisagent de le faire
  • 62% des Français consomment des aliments biologiques, soit 2 fois plus qu’il y a 20 ans
  • à budget équivalent, 72% des Français sont prêts à modifier leur alimentation en incluant plus de produits bio et moins de produits plus coûteux et à fort impact environnemental (viande, produits laitiers, etc)
  • 67% des Français sont prêts à réduire leur consommation de protéines animales pour privilégier des produits de meilleure qualité

Une perception accrue des enjeux sociaux et environnementaux liés au système agricole :

  • 93% des Français considèrent que la présence de pesticides dans leur aliments impacte leur santé
  • 89% des Français souhaitent être informés de la présence ou non de pesticides dans les produits alimentaires (à travers un étiquetage)
  • 90% des Français sont favorables à une transparence complète sur les prix des produits alimentaires : quelle part est allouée à la rémunération des agriculteurs, quelle part correspond aux marges des distributeurs et de l’industrie, etc.

Une volonté de changement vers un modèle agricole plus durable :

  • 69% des Français sont prêts à payer plus cher pour leurs produits alimentaires, pour permettre aux agriculteurs d’être mieux rémunérés
  • 87% des Français sont pour la réorientation des aides publiques vers des pratiques privilégiant l’agriculture écoresponsable (biologique, agro-écologie, permaculture, etc.)
  • 75% des Français sont favorables à ce que le ministère de l’Environnement ait un pouvoir de décision, aux côtés du ministère de l’Agriculture, sur l’ensemble des sujets agricoles
  • 78% des Français se disent favorables à la mise en place d’un moratoire sur l’artificialisation des terres agricoles dès 2020

 

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