Tribunal : « ce soir, je me fous sous un camion »

Un homme né en 1967, résident à Saint-Claude, est comparu libre devant le tribunal correctionnel de Lons-le-Saunier, lundi 05 mars 2018. Des soucis de santé confirmés par un certificat médical, lui ont évité de se trouver dans le box vitré sous bonne garde.

Novembre 2017, Jacques est convoqué à un rendez-vous de conciliation à Saint-Claude, Un remboursement de crédit contracté pour l’activité d »une ancienne entreprise, fermée à ce jour, pose des problèmes avec sa banque. Le ton monte rapidement. Jacques perd le contrôle et déclare : « Allez vous faire foutre, j’ai un vrai métier ». Ses propos sont notés par la greffière présente dans la salle. On lui demande de se calmer, mais la colère ne baisse pas, Jacques ajoute entre d’autres mots : « Vous êtes un petit merdeux ».

La réunion ne peut plus avoir lieu. Elle est reportée au jeudi 07 décembre 2017. Mais de nouveau, Jacques profère des insultes. Une plainte est déposée. Un autre rendez-vous est planifié vendredi 12 janvier 2018. Jacques déclare cette fois « Vous n’avez pas de couilles ». Il est à la limite de l’altercation physique. A fait mine de baisser son pantalon. Plus tard, Jacques adressera des courriers comportant des propos insultants, selon sa banque. La conciliation ne peut décidément pas se faire à Saint-Claude. Elle est délocalisée devant le tribunal correctionnel de Lons-le-Saunier. Jacques est convoqué pour outrages à magistrat.

Jacques se présente devant la barre avec motivation. Il souhaite en découdre une bonne fois pour toutes. Selon lui, il est à bout de force. Il reconnait les insultes, en ajoutant : « Contrairement à certains, j’ai le courage de dire ce que je pense. C’est un ras le bol général qui dure depuis plus de 5 ans », en invoquant ses soucis avec sa banque. Toutefois, Jacques émet des regrets pour ses insultes.

Il a deux mentions à son casier judiciaire. Est charpentier sous contrat CDI. C’est son métier, il l’aime et travaille dur. Son salaire dépasse les 2000 euros par mois.

L’avocat de la partie civile prend la parole : « Tous les éléments montrent qu’il y a outrage. Il a même proféré des menaces de mort. Les paroles s’envolent mais elle peuvent être blessantes ». Il demande des dommages à hauteur de l’euro symbolique. Tout en émettant le souhait que Jacques puisse se rendre compte que personne n’en a contre lui.

Le ministère publique déclare : « La tension est montée en quelques minutes. Un magistrat représente la justice devant la société. Le prévenu a bien été outrageant ». Il requiert 5 mois de prison avec sursis. Mise à l’épreuve de 18 mois avec obligation de suivre des soins pour ses pertes de contrôle. De travailler, porter une arme et rentrer en contact avec les personnes outragées.

Jacques prend la parole : « Ce soir, je me fou sous un camion. C’est un ras le bol général. Quand je vois comme ils me pourrissent la vie, c’est bien pire que les insultes que j’ai tenu ». Il évoque d’importants problèmes de santé. Notamment au niveau du cœur.

Après délibérations, le tribunal le reconnait coupable de l’intégralité des faits. Jacques est condamné à 3 mois de prison avec sursis. Mise à l’épreuve de 18 mois, l’obligation de travailler. Payer les dommages à hauteur d’1 euro. L’interdiction de contacter les victimes et l’étude en charge de son dossier. Également de porter une arme.

Jacques se retourne, sort une pièce de 2 euros de sa poche en déclarant : « Allez, je suis bon prince ». Les pose devant l’avocat des parties civiles. Ce dernier déclare : « Ah non, cela ne peut pas aller c’est 1 euro ».

Jacques est un prénom d’emprunt.

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