Six mois de prison pour des infractions routières à Saint-Claude

Samedi 16 avril 2016, Amed circule vers 11 h 00 à bord d’une BMW noire dans les rues de Saint-Claude. Des gendarmes le reconnaissent au volant alors que son permis de conduire n’a plus aucun point. Les plaques d’immatriculation du véhicule sont temporaires, dans l’attente de l’acquisition d’un propriétaire. Son activité professionnelle consiste à reprendre des voitures et les mettre en vente.

Les gendarmes le suivent, Amed accélère. Une course poursuite s’engage. La fuite continue de plus belle malgré l’avertisseur sonore et les gyrophares. La BMW roule vite selon des témoins, les voitures d’en face doivent s’écarter de leur trajectoire, des lignes continues sont franchies, une personne est mise en danger, un accident est évité de peu. Les gendarmes le laissent filer pour garantir la sécurité d’autrui. De toute façon, ils le connaissent bien.

Des investigations sont menées, Amed est entendu, mais il nie tout en bloc. Selon lui, la voiture concernée était vendue au moment des faits. Ce n’était pas lui le conducteur mais une personne violente qu’il n’a pas osé dénoncé. Mais les gendarmes l’ont formellement reconnu, sa version ne tient pas.

Convoqué au tribunal de Grande Instance de Lons-le-Saunier vendredi 13 octobre 2017, Amed reconnait tous les faits qui lui sont reprochés. « J’ai menti, je tiens à m’excuser auprès de vous et de la gendarmerie pour leur avoir fait faire des investigations. J’avais peur de partir en prison ». Il y a de quoi, Amed a déjà 10 condamnations à son casier judiciaire, dont des mises en danger d’autrui, conduite de véhicule sans permis de conduire, vol aggravé, vol en récidive, blessures involontaires et des condamnations professionnelles.

« Vous avez eu une attitude particulièrement dangereuse lui adresse la juge ». « Oui oui, mais je ne me rend pas compte de tout ce qui m’est reproché. Je ne crois pas avoir mis ma vie en danger. À l’époque, je faisais n’importe quoi » répond Amed d’un ton timide. Son avocat l’incite à parler de ses problèmes familiaux. Ce qu’il fait très discrètement.

« Vous n’avez pas toujours eu une conduite exemplaire », ajoute la juge. « Ce n’était vraiment pas régulier, je travaillais alors c’est quand je n’avais pas le choix ».

Le Ministère public intervient : « les décisions de justice, ça sert à quoi ? ». Amed a déjà été condamné pour un refus d’obtempérer. « Je salue votre évolution, d’avoir dit la vérité cette fois. À ce moment là, vous avez pensé à la sécurité des autres ? Que faut-il faut pour comprendre les choses ?

Amed a déjà fait quatre mois de prison, il est sorti en juin 2017. « Savez-vous ce que vous encourez ? ajoute le Ministère public. « Vous risquez dix ans ».

Son permis en poche depuis le 1er octobre 2016, trois points ont déjà été retirés pour conduite avec utilisation de téléphone mobile. Amed est maintenant salarié en CDI dans une entreprise familiale avec son père chez qui il réside. Il a préféré arrêter son entreprise.

Le Ministère public reprend la parole: « Le prévenu comparait pour deux infractions. Il a mis en danger sa personne, les gendarmes et autrui. Des véhicules ont été obligés d’aller sur le bas-côté pour l’éviter. Il savait parfaitement ce qu’il faisait. Il a menti dans un premier temps et a obligé les gendarmes à mener des investigations. Ils avaient d’autres choses à faire. Son casier judiciaire porte 10 condamnations, 23 ans est un jeune âge, il est entré dans la délinquance assez tôt. Il connaît les délits routiers puisqu’il a déjà commis plusieurs faits avant le 16 avril 2016. Il n’a que faire des décisions de la justice. La loi n’est pas faites pour rien, il faut l’appliquer. Au vu du contexte, au vu des mensonges, je doute qu’il ait pris conscience. Tout ça doit cesser, il faut qu’il arrête ». Il est demandé l’application de huit mois de prison, six mois de suspension du permis de conduire et un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Sans recourir à un mandat de dépôt.

La défense d’Amed précise que son client n’a pas encore 23 ans, « il s’est montré immature. Il a eu une fracture à son adolescence en étant confié à sa grand-mère. Elle avait très peu d’influence sur lui. Il a déjà fait quatre mois de prison. On est dans des temps très proches avec la dernière condamnation. Aujourd’hui, vous êtes en face d’un garçon qui est dans une démarche de vérité. Mon client fait des efforts de réinsertion ». Amed ajoute : « la prison a été un électrochoc pour moi et maintenant j’ai 23 ans ».

Le tribunal le reconnait coupable des faits qui lui sont reprochés. Amed est condamné à six mois de prison, et l’obligation de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière.

*Amed est un prénom d’emprunt.

Soyez le premier à commenter

Commenter cet article