Lons-le-Saunier : les jeunes Agriculteurs plaquent le beurre sur la table

Le réseau Jeunes Agriculteurs en Bourgogne Franche-Comté et la FRSEA Bourgogne Franche-Comté se mobilisent pour selon eux, « stopper les mensonges de la grande distribution sur la pénurie de beurres » qui sévi en France. Une action a lieu cet après-midi devant l’Intermarché de Lons-le-Saunier. Également en Haute-Saône, Saône-et-Loire et Doubs.

La plaque de beurre est vendue en direct sur la table à 2 euros la plaque. Son juste prix se situe à ce jour vers 1.80 euro, 2 euros est le prix producteur. Des agriculteurs parcourent le supermarché pour distribuer des documents aux clients, avec l’accord de la direction. Sur la vitrine, il était affiché avant leur arrivée « ERRATUM, Suite à une baisse de la production de lait et à une augmentation de la demande en beurre, certaines références sont en rupture. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée. La direction ».

Depuis plusieurs semaines, les rayons de beurre se vident dans les supermarchés, non pas pour les raisons évoquées par l’affiche, mais selon les jeunes agriculteurs, il s’agit « d’une prise en otage des consommateurs par les autres maillons de la filière, qui encore une fois se livrent une guerre des prix sans merci.  Ces actions visent à sensibiliser les consommateurs pour démontrer le travail continu des producteurs qui selon eux « reste largement suffisante pour nourrir la France ».

Sur les feuilles distribuées, on peut lire : « Ce magasin n’a plus de beurre !? Pourquoi ? Parce qu’il ne veut pas le payer à son juste prix ! Producteurs, consommateurs, ne comptons plus pour du beurre. LA PÉNURIE DE BEURRE N’EXISTE PAS ».

« C’est une fausse pénurie et la mauvaise foi des industriels et de la grande distribution. Confrontée à une hausse des prix du beurre, elle refuse de s’approvisionner. Dans un même temps, pour ne pas subir les cours du beurre industriel historiquement hauts, les clients de ce produit (boulangers pâtissiers notamment) s’approvisionnent dans les rayons de la grande distribution pour réduire leurs coûts, participant ainsi à la pénurie dans les rayons. Ce sont les consommateurs qui se retrouvent directement pénalisés. Pourtant, les producteurs laitiers n’ont pas vu la répercussion de cette hausse des cours des prix sur leur prix de vente. Un différentiel de 20 à 30 € pour 1000 litres de lait persiste sur les prix payés aux producteurs pour que ces derniers soient cohérents avec les cours mondiaux ».

Une contractualisation tripartite entre organisations de producteurs commerciales, distribution et transformateurs prévoyant un volume, une durée d’engagement et des indicateurs de marché et de coûts de production seraient la solution au problème.

« C’est ce que nous n’avons cessé de rappeler pendant les États Généraux de l’Alimentation : mettre en place une autre méthode de création du prix. Cette pénurie pourrait se propager à d’autres productions sans apaisement des relations commerciales. Le chantier 1 des États généraux de l’Alimentation s’est clôturé avec la volonté de construire les prix à partir des coûts de production. L’heure est venue de l’appliquer ».