Lons-le-Saunier : des agriculteurs devant la permanence de la députée Danielle BRULEBOIS

Des agriculteurs de la Confédération paysanne ont occupé le devant de la permanence de la députée LREM Danielle BRULEBOIS pendant plus d’une heure lundi 22 mai 2018


Des militants de la Confédération paysanne du Jura sont arrivés à 10 h 47 devant la permanence de la députée LREM Danielle BRULEBOIS. Située au 45 rue Jean Jaurès à Lons-le-Saunier, des bottes de paille ont été déposées devant l’entrée pour ériger un mur. Affiches et un drap déployé ont suivi devant les vitres.

Le but de cette opération « Coup de sifflet » vise à défendre une loi agricole ambitieuse. Selon Nicolas Girod, secrétaire national responsable du suivi des EGA, « le travail mené depuis des mois dans le cadre des États Généraux de l’Alimentation va se conclure prochainement, avec l’examen en séance plénière de l’Assemblée nationale du « projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable », du 22 au 25 mai prochain ».

« La Confédération paysanne s’est fortement impliquée dans ces États Généraux pour faire valoir ses propositions et obtenir une rémunération des paysans à la hauteur de leur travail, sans faire peser uniquement sur les consommateurs les conséquences de ce revenu. Mais le projet de loi, en l’état, ne nous convient pas et ne met pas assez transformateurs et distributeurs en face de leurs responsabilités pour assurer une distribution plus équitable des marges entre les différents maillons de la chaîne afin que les paysans ne soient plus la variable d’ajustement (objectif premier de la loi) ».

Le coup de sifflet d’aujourd’hui interpelle la population et les élus pour que le projet de loi aille plus loin avec :

  • La fixation du prix d’achat aux producteurs au-dessus de leurs coûts de production encadrer par un contrat pour empêcher la vente à perte de leurs produits
  • Un arbitrage public des relations commerciales agricoles, après médiation, si non respect des contrats entre producteurs, transformateurs et distributeurs pour un dispositif public, indépendant et efficace afin de contrer les mauvaises pratiques commerciales, des sanctions plus lourdes en cas de non respect d’un contrat pour les transformateurs ou les distributeurs.

Tout en reconnaissant que certains termes de la loi sont positifs selon le dernier rapport, « elle est bien inférieure aux attentes, sera non contraignante envers les grands industriels comme Lactalis et Bigard ». Des tracts ont été distribués aux automobilistes et passants.

Pourtant, les choses semblaient bien se présenter après le discours très prometteur d’Emmanuel Macron, mercredi 11 octobre 2017 à Rungis. La barre avait été placée haut. Répartition des marges, nouveaux modes de production et montée en gamme des produits faisaient penser à des jours bien meilleurs pour la profession. Mais Nicolas GIROD ajoute, « le projet de loi n’a pas bougé d’un iota et n’a rien à voir avec le discours. Le syndicat dominant du monde agricole ne bouge pas. La loi est trop faible et peu contraignante avec les industriels. Cela risque d’être une loi manquée ».

Nicolas GIROD a expliqué dans les détails la raison de leur mobilisation du jour

Les agriculteurs de la Confédération paysanne du Jura souhaitent, « un arbitrage public des relations commerciales agricoles et des sanctions plus lourdes en cas de non-respect des contrats. Faire peser les mêmes santions sur les agriculteurs et les industriels est une erreur. L’amende de 75000 euros par an pour un agriculteur est insurmontable, pour un industriel, c’est que tchi. Pour les industriels, nous proposons que l’amende soit multipliée par le nombre de contrats non respectés, chez les industriels. Il ne faut pas faire les mêmes erreurs qu’avec le Bio, aujourd’hui on va droit dans le mur ».

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