Deux papas condamnés pour une altercation à Saint-Laurent en Grandvaux

À la fois prévenus et victimes, deux hommes ont été convoqués en comparution immédiate jeudi 19 octobre 2017 devant le Tribunal de Grande Instance de Lons-le-Saunier dès 14 h 30. Les faits se sont déroulés mercredi 18 octobre 2017 vers 11 h 30 à Saint-Laurent en Grandvaux. Tous deux ont accepté d’être jugés aujourd’hui.

A l’origine, une discussion d’enfants entre leurs filles respectives, scolarisées dans la même école du village. Les adultes s’en mêlent, les événements prennent une toute autre dimension. Des menaces sont proférées, le sang des papas bouillonne. Un va chercher un couteau, l’autre va chercher un fusil à pompe et des cartouches. Ils se cherchent, se courent après dans la rue, tout en appelant chacun la gendarmerie pendant les faits. Il ne se produit aucune agression physique, les gestes avec les armes sont discrets, mais des témoins assistent à la scène en plein centre-ville. La gendarmerie mène ses investigations. Ils procèdent rapidement à leur interpellation.

Dans le box vitré des prévenus, entourés de leurs gardiens, le propriétaire du fusil, ancien militaire, déclare « J’ai pensé qu’il avait enlevé ma fille, qu’il allait l’égorger. C’est une expérience de la vie ce que l’on a vécu. S’il n’y avait pas eu les filles, je pense qu’on aurait pas réagi comme ça ». L’autre prévenu plus discret semble d’accord. Chacun semble réaliser la scène de folie dont ils ont été les principaux acteurs.

Un antécédent judiciaire pour lui dans le domaine de la chasse, aucun pour l’autre. Ce dernier est diplômé BAC+ 5 en Algérie. Actuellement ouvrier en CDI dans une entreprise jurassienne.

Le Ministère public rappelle que « sortir une arme est considéré comme la volonté de se faire justice soit-même ». « Tous les deux se sont trouvés au centre-ville en présence d’enfants avec chacun une arme à la main ». « On a eu un concours de testostérone. Monsieur X a placé la barre très haute, il est allé chercher un fusil avec des cartouches. Le calme revient, on redevient des papas normaux, on se rend compte que c’était de la folie ».  Il est requis pour l’un 3 mois de prison avec sursis, 500 € d’amende avec interdiction de porter et détenir une arme. Pour l’autre, 6 mois de prison avec sursis, mise à l’épreuve avec soins pour impulsivité, 1000 € d’amende, interdiction de port et détention d’une arme. Retrait de son permis de chasse avec possibilité de le repasser.

Le tribunal les condamne respectivement à 3 mois de prison avec sursis, 200 € d’amende avec interdiction de porter et détenir une arme. Pour l’autre, 3 mois de prison avec sursis également, 200 € d’amende, interdiction de port et détention d’une arme. Dans les deux cas, l’interdiction de port et détention d’une arme concerne même un cuter, un canif… Cette interdiction s’applique pendant 5 ans pour les deux. Les scellées, fusil et couteau, sont confisquées.


 

 

 

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