Deux jeunes de Champagnole condamnés pour des dégradations

Deux jeunes résidents de Champagnole ont été convoqués au Tribunal de Grande Instance de Lons-le-Saunier mardi 17 octobre 2017.

Il semblerait que lorsque les deux amis, l’un plus « dégourdi » que l’autre, se baladaient toujours avec un briquet dans la poche. Si l’on additionnait l’absorption d’alcool, tout semblait basculer vers des comportements destructeurs. Mise à feu d’un panneau publicitaire, d’une poubelle et de cônes de chantiers, plantes de la commune arrachées, dégradations de biens de décoration, retrait d’enjoliveurs de voitures, bouteilles de bières brisées. Les virées entre potes dégénéraient à ne plus savoir se contrôler.

Mais il est dangereux de jouer avec le feu, surtout lorsque le fait de lancer un objet en flamme sur une haie de thuyas entraine la propagation du feu à la toiture d’une maison d’habitation et la détruit en partie. Mercredi 13 avril 2016, une dame âgée de 78 ans, déjà très impactée par la perte proche de son époux, a dû être évacuée d’urgence vers 00 h 45 pour ne pas risquer sa vie. Très éprouvée, elle a dû dormir chez un voisin puis partir chez sa fille.

D’après la version donnée à la barre du tribunal, les jeunes ne sont pas restés sur place, n’étaient pas au courant de l’incendie avant de l’apprendre plus tardivement dans la ville. Les gendarmes ont procédé à une enquête. Des langues se sont déliées, des témoignages leur sont parvenus. D’autres jeunes ont arrêté de les voir sachant que c’était eux qui avaient mis le feu. Lors d’autres actions destructrices, un témoin a filmé la scène. Un des jeunes a été identifié par un agent de la police municipale. D’autres vidéos ont également permis de les identifier. Trois à commettre les actes qui leurs sont reprochés, le troisième était mineur au moment des faits, il doit donc passer devant un tribunal pour enfants.

Les deux jeunes ont dit avoir honte d’eux, pour ce qu’ils ont fait, surtout pour leurs parents. Des actes sans aucune haine, « ce qu’on a cherché, c’est être cons. C’est le désœuvrement de la jeunesse » a déclaré l’un deux tout en reconnaissant toute son implication dans l’incendie de la maison. Comme l’a fait remarqué l’avocate de la dame, les deux jeunes ne semblent pas avoir de remords pour sa cliente. « Ce qui vous inquiète, c’est vous »! Les préjudices financiers s’élèvent à 255 000 euros et vous allez payer toute votre vie. Ma cliente est anéantie, elle a tout perdu. Elle pleure en silence quand je la voie. Elle ne parvient plus à dormir, elle a peur du feu, traumatisée par ce qui lui est arrivé « . Mais leur avocat a tenté de démontrer le contraire à la présidente : « C’est inexact qu’ils s’en foutent, ils sont très émus ». Un des deux lui a demandé comment indemniser la victime, il envoyait des chèques a son avocat depuis juillet 2017.

Aucun antécédents à leurs casiers judiciaires, Il n’y a pas de fascination pour la pyromanie pour les deux, selon les tests psychologiques. Un des deux est décrit comme l’enfant « un peu bête du village ». Qui se sent mieux quand il a bu en compagnie des autres. Une personne fragile, incapable de percevoir les dangers de ses actes. Il vit chez ses parents, fait des intérims, a manqué son CAP. Une mesure de protection de majeur serait en cours avec une mise sous tutelle envisagée. L’autre et agent de production, vit aussi chez ses parents. Son expertise psychiatrique a démontré qu’il se dédouane de ses responsabilités. Il aurait déclaré « Je n’aurais qu’une amende, il n’y a pas eu de mort ».

Le ministère public leur a dit avoir beaucoup de chance. « Ailleurs, ils auraient pu être en détention provisoire ». Le jeune reconnu coupable de l’origine de l’incendie de la maison a été condamné à 18 mois de prison avec sursis, avec mise à l’épreuve de 2 ans, obligation de travailler ou suivre une formation et indemniser les victimes. L’autre a 12 mois de prison avec sursis, avec mise à l’épreuve de 2 ans, obligation de travailler ou suivre une formation et indemniser les victimes. Des Travaux d’Intérêts Généraux leurs ont été proposés. Ils ont accepté. Il devrait s’agir de 100 heures pour l’un et 150 heures pour l’autre, 25 jours de travail bénévolat pour la société.

Un renvoi sur intérêt civil pour la fixation des sommes destinées à l’indemnisation des victimes, est prévu pour janvier 2018.

 

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